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December 13 L’INFRASTRUCTURE DE NOTRE DÉFENSE MILITAIRE, «Le Sous-Officier» N° 2 Février 1976
in «Le Sous-Officier romand et tessinois» N° 2 Février 1976Supplément détachable Case postale 47 2300 La Chaux-de-Fonds
Dans le domaine militaire, l’infrastructure englobe l’ensemble des ouvrages permanents qui, en raison de leur destination, servent à la défense militaire. — au combat au sol, soit : les installations pour — à la conduite des opérations, soit : les installations pour protéger les postes de commandement et assurer leurs
L’INFRASTRUCTURE DU COMBAT AU SOL Depuis les temps les plus anciens et pour renforcer le combat au sol, notre pays a toujours accordé une grande importance à nos ouvrages permanents. Dans les années antérieures, mais surtout au cours de la deuxième guerre mondiale, de gros efforts ont été faits pour développer notre infrastructure du combat au sol. Depuis lors, et malgré une réduction sensible de leur volume, les travaux se sont poursuivis inlassablement. Sur le plan des opérations, l’importance va d’abord à nos trois grandes fortifications désignées sous les noms de Gothard, de Saint-Maurice et de Sargans. Sont d’importance tactique, les barrages établis aux accès nord et sud du réduit. D’ici quelques années, toutes les troupes combattantes des secteurs frontière, est, nord et ouest, disposeront de points d’appui permanents. Les nombreux fortins, le grand nombre d’ouvrages d’artillerie qui complètent tous les secteurs fortifiés, permettent un combat autonome et de longue durée. En outre, et répartis dans toute la profondeur du secteur concerné, de nombreux obstacles, des champs de mines à profusion et une quantité d’ouvrages minés renforcent les effets du feu de nos armes. Dans l’ensemble, toutes ces fortifications et ces points d’appui comptent quelque 400 pièces d’artillerie 600 armes antichars 250 canons de défense contre avions 1800 mitrailleuses ainsi que des abris pour protéger le cinquième des effectifs de notre armée. Dans certains secteurs importants du Plateau, on est en train d’y ajouter des abris contre les effets des armes nucléaires. Les obstacles antichars, sous forme de barricades, de renforcement du terrain et de champs de mines permanents, sont au nombre de 4000 environ. Dans ce domaine, le réseau permanent des destructions préparées revêt une importance toute particulière. Le fait que toutes les routes principales et secondaires qui traversent le secteur frontière peuvent être coupées en maints endroits, par des ouvrages minés, a une importance considérable sur le plan tactique. Sur le Plateau, la possibilité de couper en plusieurs points tous les passages obligés des grands cours d’eau, d’une part, et d’autre part, dans le secteur central, de pouvoir interrompre en maints endroits la circulation routière et le trafic ferroviaire, est certainement d’une importance capitale sur le plan des opérations. Plus de 2000 ouvrages minés permettent de couper notre réseau des communications et cela de telle manière que les réparations exigeraient des heures et des jours, voire même des semaines et des mois en montagne. L’INFRASTRUCTURE DU COMBAT AERIEN
Si l’on excepte les positions permanentes de défense contre avions de nos forteresses, seuls les engins guidés sol-air sont dotés d’une infrastructure permanente, ils couvrent la plus grande partie du territoire suisse. L’INFRASTRUCTURE DE LA LOGISTIQUE Il n’y a pas si longtemps que le terme de « logistique » a été introduit dans la terminologie de notre armée; il importe donc de le définir, de même que l’expression La logistique est l’ensemble des mesures et des moyens concernant : — le soutien — le service sanitaire — le service des transports — l’exploitation, le développement et l’entretien de l’infrastructure de guerre — l’aide du service territorial pour le soutien des troupes. Le soutien est l’activité devant permettre aux troupes de vivre et de combattre, soit : le ravitaillement et les évacuations, la remise en état du matériel de guerre, le traitement et les soins à donner aux animaux de l’armée. Le service sanitaire dispose, dans sa base, d’une vaste organisation d’hôpitaux territoriaux et de base comptant 30 000 lits au total. L’hôpital territorial est un établissement annexe d’un hôpital civil, sous la même direction et une collaboration réciproque et où l’on soigne des patients militaires et civils. L’hôpital de base est un établissement militaire autonome du secteur central. Tous ces hôpitaux font l’objet d’un programme de développement visant à les doter d’un bloc opératoire protégé (sous terre ou sous roc), relié en principe à des édifices en surface, tels que : une caserne, un bâtiment scolaire, un camp de vacances ou un hôpital civil. En plus de ces installations de base, les brigades de combat disposent, dans leur secteur, de stations protégées de traitement sanitaire, qui, dans les brigades de forteresse, ont déjà l’importance de petits hôpitaux. Pour le soutien en matériel sanitaire, il existe des pharmacies de base, des dépôts décentralisés de matériel sanitaire et huit laboratoires équipés pour fabriquer notamment des comprimés, des solutions, des onguents et des gaz médicinaux. Une partie de ces installations sont souterraines. Le service des transports dispose d’une infrastructure très étendue sous la forme des réseaux civils, ferroviaires et routiers. Le Département militaire fédéral finance dans une large mesure l’achat de matériel roulant des chemins de fer propre à assurer certains transports lors de rupture de courant; en outre, les administrations des chemins de fer disposent en plus, sur le réseau à voie normale, de 100 locomotives diesel, et, pour la voie étroite, de huit locomotives à vapeur ou diesel. Citons enfin les téléphériques militaires, soit 42 installés en permanence et 72 en dépôt, mais qui peuvent être mis en service, selon les besoins, par un bataillon de téléphériques entraîné à ce travail. Les munitions Les munitions de la hase sont entreposées dans de nombreux magasins, en majorité souterrains, et répartis sur tout le territoire suisse. La longueur totale de ces galeries, y compris celles pour les accès et pour les raccordements, est de 80 km., soit plus de cinq fois celle du tunnel du Gothard. Par ailleurs, les formations d’ouvrages et de forteresses disposent de nombreux dépôts de munitions aménagés sous béton ou sous roc. Vous avez appris récemment que des attentats ont été perpétrés à plusieurs reprises contre des dépôts de munitions. Il s’agit en l’occurrence des conséquences d’une criminalité accrue, alliée partiellement à des manœuvres politiques. Dès lors, nous sommes amenés à réaliser un vaste programme d’amélioration, afin d’emmagasiner si possible toutes les munitions dans des installations souterraines à l’abri des effractions; il importe en outre d’équiper les autres dépôts en surface de dispositifs de sécurité propres à alarmer à bref délai les organes de surveillance en vue d’appréhender les cambrioleurs. Les subsistances Dans ce domaine, les réserves de guerre, sous forme de rations de réserve et de rations de combat, auxquelles s’ajoutent des denrées qui se conservent longtemps, sont emmagasinées dans des installations souterraines combinées. De plus, et dès la mobilisation de guerre, l’armée pourra mettre à contribution les approvisionnements civils que l’économie de guerre lui aura attribués auprès des grossistes et des producteurs. nécessaires à l’armée sont entièrement stockés dans ses propres installations. Réparties dans tout le pays, elles sont de capacité diverse : la plus petite contient Le service du matériel possède un grand nombre de dépôts, d’ateliers et d’installations de fabrication, en partie souterrains eux aussi. Quelque 280 000 articles, d’un poids total de 65 000 tonnes, sont répartis dans une centaine de dépôts de matériel. 100 ateliers, en chiffres ronds, sont disponibles pour les réparations, du canon au véhicule à moteur jusqu’aux appareils de transmission et de radar. Plus d’une douzaine de fabriques sont nécessaires pour produire des biens d’une durée limitée d’entreposage, notamment des batteries électriques et de l’oxygène. Un nouveau système d’installations souterraines de soutien est en voie d’achèvement. Ces installations, dites «combinées », contiennent des réserves de guerre pour le service sanitaire, le service des subsistances et le service du matériel. Pour le soutien, nous disposons de quelque 600 installations et les biens qu’elles abritent pèsent 650 000 tonnes, en chiffres ronds, soit plus d’une tonne par soldat suisse ! Le service territorial De par sa nature, le service territorial repose en majeure partie sur l’infrastructure civile. Le service d’alerte fait exception; il a pour mission d’avertir la population et l’armée en cas de danger d’attaques aériennes, d’attaques nucléaires, biologiques ou chimiques, ainsi qu’en cas d’inondations ou d’avalanches. Le service d’alerte dispose de nombreux postes d’observation qui sont reliés, par un réseau de transmission autonome, aux centrales d’émission d’alerte. Les centrales d’engagement de la défense aérienne transmettent également leurs informations aux centrales d’émission «alerte, de sorte que ces dernières sont en mesure de diffuser, dans leur région d’exploitation, des avis complets d’alarme pour la population et pour l’armée. L’INFRASTRUCTURE DU COMMANDEMENT Elle sert en premier lieu â protéger les états-majors de l’armée et des grandes unités, ainsi qu’à garantir leurs liaisons. Les postes de commandement Leur protection est assurée par des postes de commandement souterrains qui existent pour l’armée et pour les brigades de combat. Il y a quelque temps, un programme de développement a été établi pour les corps d’armée, les divisions et les zones territoriales; il s’agit de construire un grand nombre d’ouvrages, répartis sur tout le pays, et que les états-majors des divers échelons puissent occuper, selon les circonstances et l’engagement des grandes unités. Les ouvrages non utilisés par des états-majors seront disponibles pour d’autres affectations, par exemple pour le service sanitaire ou comme cantonnements. Alors que presque tous les chefs locaux de la protection civile disposent d’abris protégés, il est grand temps d’en faire autant pour les centres névralgiques du commandement militaire, entendu que sans de tels ouvrages un travail d’état-major, continu et efficace, devient problématique. Les liaisons Pour ses liaisons, l’armée s’appuie en premier lieu sur le réseau civil des PTT. Afin de rendre moins vulnérable aux actions ennemies le réseau à longue distance des câbles des télécommunications et grâce â la mise à contribution de crédits militaires, d’autres câbles ont été posés pour contourner des centres particulièrement exposés, des ponts, etc., tout en installant des centraux manuels de secours qui donnent la possibilité d’établir des communications en nombre limité et selon leur degré d’urgence. Dès que le réseau automatique des PTT est surchargé, il s’ensuit immédiatement des interruptions dans le trafic des télécommunications rendant impossible la transmission des messages urgents. C’est pourquoi, et pour garantir les liaisons entre tous les organes de la défense générale — pas seulement militaire — il est nécessaire de prendre des mesures particulières pour restreindre, en temps opportun, le trafic téléphonique civil, ce qui conduit à désigner certains abonnés comme étant indispensables à l’effort de guerre et pour lesquels le maintien des télécommunications, parlées ou écrites, doit être assuré. La transmission des messages parlés, émanant des postes de commandements sédentaires, a lieu par le réseau civil, dit «réseau D», auquel on connecte des lignes téléphoniques supplémentaires de l’armée ainsi que des centraux militaires. Des centres permanents de télécommunications (CPT) assurent les liaisons des grandes unités et de l’armée; ils sont intégrés dans le système des câbles militaires et civils, reliés d’une part aux différents états-majors, et d’autre part, au réseau des ondes dirigées de l’armée. Ces centres permettent au commandement supérieur de disposer d’un réseau de télécommunications relativement dense, peu vulnérable aux destructions et pouvant être adapté à toute situation. LE COÛT ET L’UTILITÉ DE INFRASTRUCTURE Pour l’aménagement de notre infrastructure de guerre, nous avons consacré : — 1,2 milliard jusqu’en 1945 (surtout pendant la deuxième guerre mondiale), — 2,6 milliards de 1945 à nos jours, soit un total de 3,8 milliards. Pendant ce même laps de temps, 2,0 milliards, en chiffres ronds, ont été dépensés pour des ouvrages dits «de paix » et qui servent à l’instruction, la production d’armements ou à l’administration du matériel. De ce total de 5,8 milliards, 65 % ont donc été utilisés pour l’infrastructure de guerre. En quoi réside l’utilité de ces dépenses ? Elle est assurément de nature très diverse. Un avantage particulier de l’infrastructure permanente mérite d’être cité, soit le gain de temps qu’elle permet de réaliser dans tous les domaines lors de la préparation au combat. Cela a pour nous une importance capitale si l’on considère la situation politico-militaire actuelle en Europe, ainsi que le court délai de préavis opératif auquel nous serons exposés avant une attaque. Pour conclure, relevons que l’infrastructure permanente revêt une grande importance dans le domaine opérationnel, voire stratégique et qu’elle représente dès lors un élément appréciable de dissuasion pour une puissance en mal d’agression. Les moyens d’attaque que cet adversaire devra déployer contre nous seront d’autant plus considérables que, de notre côté : — plus de personnes et de biens seront efficacement protégés grâce à l’infrastructure permanente — et plus durablement les voies de communication traversant notre pays seront interrompues — et, qu’enfin, nous avons la possibilité de barrer l’accès à tous les secteurs convoités par l’assaillant pour ses propres TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://infoapsf.spaces.live.com/blog/cns!B87B0F21C6DE2753!642.trak Weblogs that reference this entry
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