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    December 13

    L’INFRASTRUCTURE DE NOTRE DÉFENSE MILITAIRE, «Le Sous-Officier» N° 2 Février 1976


    L’INFRASTRUCTURE DE NOTRE DÉFENSE MILITAIRE

    in «Le Sous-Officier romand et tessinois» N° 2 Février 1976

    Supplément détachable

    Case postale 47

    2300 La Chaux-de-Fonds


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    INTRODUCTION

    Dans le domaine militaire, l’infrastructure englobe l’ensemble des ouvrages permanents qui, en raison de leur destination, servent à la défense militaire.
    En fonction des buts pour lesquels ils ont été construits, on distingue les ouvrages destinés :

    — au combat au sol, soit : les installations pour
    — protéger les troupes et leur armement
    — retarder ou stopper l’offensive ennemie

    — au combat aérien, soit : les installations pour
    — le trafic aérien
    — la défense contre avions
    — la préalerte
    — la conduite du combat aérien et l’engagement des aéronefs

    — à la logistique, soit : les installations pour la logistique de notre armée (ravitaillement,
        approvisionnement, réserves, etc.)

    — à la conduite des opérations, soit : les installations pour protéger les postes de commandement et assurer leurs
        liaisons.

    Outre cette infrastructure réservée à la guerre, il en existe encore une autre, tout aussi importante :
    — pour la préparation à la guerre
    — pour l’instruction (les casernes, les places d’armes, les places d’exercices)
    — pour la fabrication d’armements (les ateliers militaires)
    — pour l’administration et l’entretien du matériel (les arsenaux, les parcs automobiles de l’armée, les magasins, etc.).


    Dernièrement, lors d’une conférence de presse, le divisionnaire Edmund Muller, sous-chef d’état-major logistique, a précisé que cette rencontre devait permettre de jeter un regard dans certaines parties de l’infrastructure réservée à la guerre, notamment les ouvrages de la logistique. Basée sur les exposés du chef de l’état-major général, son introduction tient lieu de vue d’ensemble sur toute l’infrastructure de notre défense militaire.
    II est bien évident que les ouvrages permanents érigés au cours de ces dernières décennies, dans le domaine de notre infrastructure militaire, ont considérablement augmenté notre potentiel de combat et de défense. Un agresseur en puissance a dès lors tout intérêt à connaître l’emplacement de chaque installation, à quoi elle sert, son aménagement, sa capacité et ce qu’elle contient. Plus l’attaquant possédera de renseignements précis et mieux il pourra établir un ordre de priorité pour ses combattants et s’assurer ainsi de toucher nos ouvrages et de les détruire. C’est pourquoi, d’une part, il importe de tout entreprendre pour empêcher qu’un adversaire possible puisse acquérir de telles informations, mais d’autre part, nous sommes tenus à maintenir le plus grand secret au sujet de tous nos préparatifs. Pour protéger la garnison, il faut non seulement des ouvrages munis d’une superstructure massive et épaisse, mais aussi les entourer du voile du secret.
    Par ailleurs, on ne doit pas oublier que tous les moyens militaires que nous mettons en oeuvre ont surtout pour but de dissuader un adversaire de nous attaquer. Nous devons le persuader, aujourd’hui déjà, que le prix d’entrée en Suisse serait beaucoup trop élevé et qu’il existe pour n’importe quel assaillant une disproportion flagrante entre les avantages qu’il se propose d’obtenir et les risques encourus. Dans ce but, il importe de démontrer à l’évidence la valeur intrinsèque de notre infrastructure de guerre, ce qui ne peut se faire sans divulguer certaines données essentielles concernant le genre et l’importance de nos installations. De telles informations ne serviront pas seulement à dissuader un adversaire potentiel, mais aussi à renforcer la confiance de nos troupes et à montrer aux contribuables à quoi servent les milliards prélevés sur le produit de leurs impôts et investis, « littéralement sous terre », dans notre infrastructure militaire.
    En conséquence, celui qui doit décrire cette infrastructure se voit immanquablement plongé dans le dilemme :

    ou bien se taire, afin d’obéir aux impératifs du maintien du secret
    ou alors il doit parler, pour remplir son devoir d’informateur et assurer ainsi l’effet de dissuasion.

    L’INFRASTRUCTURE DU COMBAT AU SOL

    Depuis les temps les plus anciens et pour renforcer le combat au sol, notre pays a toujours accordé une grande importance à nos ouvrages permanents.

    Dans les années antérieures, mais surtout au cours de la deuxième guerre mondiale, de gros efforts ont été faits pour développer notre infrastructure du combat au sol. Depuis lors, et malgré une réduction sensible de leur volume, les travaux se sont poursuivis inlassablement.

    Sur le plan des opérations, l’importance va d’abord à nos trois grandes fortifications désignées sous les noms de Gothard, de Saint-Maurice et de Sargans.

    Sont d’importance tactique, les barrages établis aux accès nord et sud du réduit.

    D’ici quelques années, toutes les troupes combattantes des secteurs frontière, est, nord et ouest, disposeront de points d’appui permanents.

    Les nombreux fortins, le grand nombre d’ouvrages d’artillerie qui complètent tous les secteurs fortifiés, permettent un combat autonome et de longue durée. En outre, et répartis dans toute la profondeur du secteur concerné, de nombreux obstacles, des champs de mines à profusion et une quantité d’ouvrages minés renforcent les effets du feu de nos armes.

    Dans l’ensemble, toutes ces fortifications et ces points d’appui comptent quelque

    400 pièces d’artillerie

    600 armes antichars

    250 canons de défense contre avions

    1800 mitrailleuses

    ainsi que des abris pour protéger le cinquième des effectifs de notre armée.

    Dans certains secteurs importants du Plateau, on est en train d’y ajouter des abris contre les effets des armes nucléaires.

    Les obstacles antichars, sous forme de barricades, de renforcement du terrain et de champs de mines permanents, sont au nombre de 4000 environ.

    Dans ce domaine, le réseau permanent des destructions préparées revêt une importance toute particulière.

    Le fait que toutes les routes principales et secondaires qui traversent le secteur frontière peuvent être coupées en maints endroits, par des ouvrages minés, a une importance considérable sur le plan tactique.

    Sur le Plateau, la possibilité de couper en plusieurs points tous les passages obligés des grands cours d’eau, d’une part, et d’autre part, dans le secteur central, de pouvoir interrompre en maints endroits la circulation routière et le trafic ferroviaire, est certainement d’une importance capitale sur le plan des opérations.

    Plus de 2000 ouvrages minés permettent de couper notre réseau des communications et cela de telle manière que les réparations exigeraient des heures et des jours, voire même des semaines et des mois en montagne.

    L’INFRASTRUCTURE DU COMBAT AERIEN


    Sous l’impulsion du général Guisan, une série d’aérodromes de guerre ont été aménagés, durant le service actif, dans le secteur central. De grandes cavernes ont remplacé les abris légers pour les avions; elles servent non seulement à protéger les avions, mais abritent aussi des ateliers, des postes de commandement, des cantonnements, ainsi que des milliers de pièces de rechange les plus diverses. Enfin, et sous la pression des événements de la guerre des Six jours de 1967, des abris décentralisés ont été construits pour les escadrilles ne disposant pas de cavernes; ils protègent les troupes, le commandement et les avions. Il n’est pas exagéré de prétendre qu’aucune aviation en Europe n’est aussi bien protégée au sol que la nôtre.

    Si l’on excepte les positions permanentes de défense contre avions de nos forteresses, seuls les engins guidés sol-air sont dotés d’une infrastructure permanente, ils couvrent la plus grande partie du territoire suisse.
    Pour la recherche du renseignement en sondant l’espace aérien et pour l’intervention de notre aviation, nous disposons du système de surveillance et de conduite semi-automatique FLORIDA. Ce système englobe les stations en altitude, bien protégées, et qui surveillent l’espace aérien tout en transmettant, par le réseau des ondes dirigées de l’armée, les observations aux centrales d’engagement. C’est là que des ordinateurs dépouillent ces informations et proposent au chef de l’engagement quelles escadrilles d’aviation ou quelles unités de feu de la défense contre avions il peut choisir pour combattre l’agresseur. La décision prise, l’officier transmet les ordres en code au commandement de l’arme qui doit être engagée (avions ou défense contre avions) et, dans le cas de l’avion, le vol pour l’aller au but et celui du retour sont imposés.

    L’INFRASTRUCTURE DE LA LOGISTIQUE

    Il n’y a pas si longtemps que le terme de « logistique » a été introduit dans la terminologie de notre armée; il importe donc de le définir, de même que l’expression
    « soutien » :

    La logistique est l’ensemble des mesures et des moyens concernant :

    — le soutien

    — le service sanitaire

    — le service des transports

    — l’exploitation, le développement et l’entretien de l’infrastructure de guerre

    — l’aide du service territorial pour le soutien des troupes.

    Le soutien est l’activité devant permettre aux troupes de vivre et de combattre, soit :

    le ravitaillement et les évacuations, la remise en état du matériel de guerre, le traitement et les soins à donner aux animaux de l’armée.

    Le service sanitaire

    dispose, dans sa base, d’une vaste organisation d’hôpitaux territoriaux et de base comptant 30 000 lits au total. L’hôpital territorial est un établissement annexe d’un hôpital civil, sous la même direction et une collaboration réciproque et où l’on soigne des patients militaires et civils. L’hôpital de base est un établissement militaire autonome du secteur central. Tous ces hôpitaux font l’objet d’un programme de développement visant à les doter d’un bloc opératoire protégé (sous terre ou sous roc), relié en principe à des édifices en surface, tels que : une caserne, un bâtiment scolaire, un camp de vacances ou un hôpital civil.

    En plus de ces installations de base, les brigades de combat disposent, dans leur secteur, de stations protégées de traitement sanitaire, qui, dans les brigades de forteresse, ont déjà l’importance de petits hôpitaux.

    Pour le soutien en matériel sanitaire, il existe des pharmacies de base, des dépôts décentralisés de matériel sanitaire et huit laboratoires équipés pour fabriquer notamment des comprimés, des solutions, des onguents et des gaz médicinaux. Une partie de ces installations sont souterraines.

    Le service des transports

    dispose d’une infrastructure très étendue sous la forme des réseaux civils, ferroviaires et routiers. Le Département militaire fédéral finance dans une large mesure l’achat de matériel roulant des chemins de fer propre à assurer certains transports lors de rupture de courant; en outre, les administrations des chemins de fer disposent en plus, sur le réseau à voie normale, de 100 locomotives diesel, et, pour la voie étroite, de huit locomotives à vapeur ou diesel.

    Citons enfin les téléphériques militaires, soit 42 installés en permanence et 72 en dépôt, mais qui peuvent être mis en service, selon les besoins, par un bataillon de téléphériques entraîné à ce travail.

    Les munitions

    Les munitions de la hase sont entreposées dans de nombreux magasins, en majorité souterrains, et répartis sur tout le territoire suisse. La longueur totale de ces galeries, y compris celles pour les accès et pour les raccordements, est de 80 km., soit plus de cinq fois celle du tunnel du Gothard. Par ailleurs, les formations d’ouvrages et de forteresses disposent de nombreux dépôts de munitions aménagés sous béton ou sous roc.

    Vous avez appris récemment que des attentats ont été perpétrés à plusieurs reprises contre des dépôts de munitions. Il s’agit en l’occurrence des conséquences d’une criminalité accrue, alliée partiellement à des manœuvres politiques. Dès lors, nous sommes amenés à réaliser un vaste programme d’amélioration, afin d’emmagasiner si possible toutes les munitions dans des installations souterraines à l’abri des effractions; il importe en outre d’équiper les autres dépôts en surface de dispositifs de sécurité propres à alarmer à bref délai les organes de surveillance en vue d’appréhender les cambrioleurs.

    Les subsistances

    Dans ce domaine, les réserves de guerre, sous forme de rations de réserve et de rations de combat, auxquelles s’ajoutent des denrées qui se conservent longtemps, sont emmagasinées dans des installations souterraines combinées. De plus, et dès la mobilisation de guerre, l’armée pourra mettre à contribution les approvisionnements civils que l’économie de guerre lui aura attribués auprès des grossistes et des producteurs.

    Les carburants

    nécessaires à l’armée sont entièrement stockés dans ses propres installations. Réparties dans tout le pays, elles sont de capacité diverse : la plus petite contient
    30 000 litres et la plus grande 190 millions de litres ! Ces réservoirs sont généralement en sous-sol ou sous roc, donc protégés.

    Le service du matériel

    possède un grand nombre de dépôts, d’ateliers et d’installations de fabrication, en partie souterrains eux aussi.

    Quelque 280 000 articles, d’un poids total de 65 000 tonnes, sont répartis dans une centaine de dépôts de matériel.

    100 ateliers, en chiffres ronds, sont disponibles pour les réparations, du canon au véhicule à moteur jusqu’aux appareils de transmission et de radar.

    Plus d’une douzaine de fabriques sont nécessaires pour produire des biens d’une durée limitée d’entreposage, notamment des batteries électriques et de l’oxygène.

    Un nouveau système d’installations souterraines de soutien est en voie d’achèvement. Ces installations, dites «combinées », contiennent des réserves de guerre pour le service sanitaire, le service des subsistances et le service du matériel.

    Pour le soutien, nous disposons de quelque 600 installations et les biens qu’elles abritent pèsent 650 000 tonnes, en chiffres ronds, soit plus d’une tonne par soldat suisse !

    Le service territorial

    De par sa nature, le service territorial repose en majeure partie sur l’infrastructure civile. Le service d’alerte fait exception; il a pour mission d’avertir la population et l’armée en cas de danger d’attaques aériennes, d’attaques nucléaires, biologiques ou chimiques, ainsi qu’en cas d’inondations ou d’avalanches. Le service d’alerte dispose de nombreux postes d’observation qui sont reliés, par un réseau de transmission autonome, aux centrales d’émission d’alerte. Les centrales d’engagement de la défense aérienne transmettent également leurs informations aux centrales d’émission «alerte, de sorte que ces dernières sont en mesure de diffuser, dans leur région d’exploitation, des avis complets d’alarme pour la population et pour l’armée.

    L’INFRASTRUCTURE DU COMMANDEMENT

    Elle sert en premier lieu â protéger les états-majors de l’armée et des grandes unités, ainsi qu’à garantir leurs liaisons.

    Les postes de commandement

    Leur protection est assurée par des postes de commandement souterrains qui existent pour l’armée et pour les brigades de combat. Il y a quelque temps, un programme de développement a été établi pour les corps d’armée, les divisions et les zones territoriales; il s’agit de construire un grand nombre d’ouvrages, répartis sur tout le pays, et que les états-majors des divers échelons puissent occuper, selon les circonstances et l’engagement des grandes unités. Les ouvrages non utilisés par des états-majors seront disponibles pour d’autres affectations, par exemple pour le service sanitaire ou comme cantonnements. Alors que presque tous les chefs locaux de la protection civile disposent d’abris protégés, il est grand temps d’en faire autant pour les centres névralgiques du commandement militaire, entendu que sans de tels ouvrages un travail d’état-major, continu et efficace, devient problématique.

    Les liaisons

    Pour ses liaisons, l’armée s’appuie en premier lieu sur le réseau civil des PTT. Afin de rendre moins vulnérable aux actions ennemies le réseau à longue distance des câbles des télécommunications et grâce â la mise à contribution de crédits militaires, d’autres câbles ont été posés pour contourner des centres particulièrement exposés, des ponts, etc., tout en installant des centraux manuels de secours qui donnent la possibilité d’établir des communications en nombre limité et selon leur degré d’urgence. Dès que le réseau automatique des PTT est surchargé, il s’ensuit immédiatement des interruptions dans le trafic des télécommunications rendant impossible la transmission des messages urgents. C’est pourquoi, et pour garantir les liaisons entre tous les organes de la défense générale — pas seulement militaire — il est nécessaire de prendre des mesures particulières pour restreindre, en temps opportun, le trafic téléphonique civil, ce qui conduit à désigner certains abonnés comme étant indispensables à l’effort de guerre et pour lesquels le maintien des télécommunications, parlées ou écrites, doit être assuré.

    La transmission des messages parlés, émanant des postes de commandements sédentaires, a lieu par le réseau civil, dit «réseau D», auquel on connecte des lignes téléphoniques supplémentaires de l’armée ainsi que des centraux militaires.

    Des centres permanents de télécommunications (CPT) assurent les liaisons des grandes unités et de l’armée; ils sont intégrés dans le système des câbles militaires et civils, reliés d’une part aux différents états-majors, et d’autre part, au réseau des ondes dirigées de l’armée. Ces centres permettent au commandement supérieur de disposer d’un réseau de télécommunications relativement dense, peu vulnérable aux destructions et pouvant être adapté à toute situation.

    LE COÛT ET L’UTILITÉ DE INFRASTRUCTURE

    Pour l’aménagement de notre infrastructure de guerre, nous avons consacré :

    — 1,2 milliard jusqu’en 1945 (surtout pendant la deuxième guerre mondiale),

    — 2,6 milliards de 1945 à nos jours, soit un total de 3,8 milliards.

    Pendant ce même laps de temps, 2,0 milliards, en chiffres ronds, ont été dépensés pour des ouvrages dits «de paix » et qui servent à l’instruction, la production d’armements ou à l’administration du matériel.

    De ce total de 5,8 milliards, 65 % ont donc été utilisés pour l’infrastructure de guerre.

    En quoi réside l’utilité de ces dépenses ? Elle est assurément de nature très diverse.

    Un avantage particulier de l’infrastructure permanente mérite d’être cité, soit le gain de temps qu’elle permet de réaliser dans tous les domaines lors de la préparation au combat. Cela a pour nous une importance capitale si l’on considère la situation politico-militaire actuelle en Europe, ainsi que le court délai de préavis opératif auquel nous serons exposés avant une attaque.

    Pour conclure, relevons que l’infrastructure permanente revêt une grande importance dans le domaine opérationnel, voire stratégique et qu’elle représente dès lors un élément appréciable de dissuasion pour une puissance en mal d’agression. Les moyens d’attaque que cet adversaire devra déployer contre nous seront d’autant plus considérables que, de notre côté :

    — plus de personnes et de biens seront efficacement protégés grâce à l’infrastructure permanente

    — et plus durablement les voies de communication traversant notre pays seront interrompues

    — et, qu’enfin, nous avons la possibilité de barrer l’accès à tous les secteurs convoités par l’assaillant pour ses propres
        opérations.

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